VIN ET TRADUCTION

Christine L.

, traduction, vin, viticulture


J'ai rencontré Florence Ludi, traductrice spécialiste de la vitiviniculture, dans le cadre d'une formation "Connaître le vin et sa terminologie pour traduire des textes vitivinicoles". Entre savoir théorique et séances de dégustation de vins, inutile de vous dire que cette formation a été un vrai moment de bonheur, convivial et gourmand !
"Ce qui me plaît dans ce métier, c'est qu'il me permet de me renouveler sans cesse, ce n'est pas un métier de routine."


1. Comment es-tu devenue traductrice ? Quel a été ton parcours ?
 
C'est à la suite d'un bilan de compétence effectué lors d'une période de chomâge que ce métier s'est imposé à moi.
Bilingue allemand/français et experte en vin, la traduction m'a semblé la piste plus évidente pour reprendre rapidement une activité professionnelle.
Alors en 2005, je suis devenue traductrice freelance.
Auparavant, j'ai été responsable de la communication et de la création d'évènements autour des vins et du patrimoine au sein d'une cave coopérative mais aussi consultante en œnologie.


2. Quelles sont tes langues de travail et ta/tes spécialité(s) ?

Mes combinaisons linguistiques sont les suivantes : allemand et anglais vers le français.

Je traduis des textes qui traitent de vitiviniculture, de cuisine, de gastronomie et d'alimentation.
Outre mon expertise dans le vin, j'ai développé une spécialité en nutrition au fil de mes traductions pour une maison d'édition. Je traduis également des livres de psychologie pour différents éditeurs.

3. 
Quelles sont les spécificités de la traduction vitivinicole ?

Le monde du vin couvre un spectre très large. Mes traductions vont de textes de présentation de domaines viticoles à des fiches techniques sur les vins, en passant par des recettes conçues pour créer un accord met/vin. Sans oublier des contenus en lien avec la cristallerie ou la tonnellerie.

L'autre particularité est que ces thématiques m'amènent à travailler sur des contenus à la fois rédactionnels et techniques. Au sein d'un même texte, je dois donc sans cesse adapter mon écriture pour passer par exemple de la description élégiaque d'un vignoble à la présentation de techniques de vinification très pointues.


4. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la traduction vitivinicole ? et le moins ?

Ce qui me plaît lorsque je traduis dans le domaine du vin, c'est la passion des auteurs pour leur sujet, notamment dans les articles publiés dans des magazines spécialisés.
Le côté affectif et incarné de ces textes en fait des textes vraiment plaisants à traduire. Ils permettent généralement d'en tirer une bonne traduction. Le plaisir qui a présidé à leur écriture reste palpable à la lecture, ce qui annonce un vrai régal pour le traducteur.

Ce que j'aime le moins, ce sont les textes mal écrits, brouillons, dans lesquels on ne comprend pas où l'auteur veut en venir.
Au-delà des mots, la traduction consiste à transmettre une pensée, un message.
Alors lorsqu'il s'agit de traduire une pensée peu élaborée, voire pauvre, la mission devient extrêmement difficile, voire impossible.


5. Quel type de documents es-tu amenée à traduire ?

Je traduis une grande diversité de documents allant de newsletters, à des dossiers et des articles de presse, sans oublier des livres, des communiqués de presse, voire des emails.


6. Qu’est-ce qui te semble le plus difficile dans ton métier de traductrice ?

Sans aucune hésitation, c'est l'aspect commercial du métier pour lequel les traducteurs ne sont généralement pas formés.


7. Qui sont tes clients ?

Je collabore avec différents types de clients :
  • agences de traduction
  • agences de communication
  • producteurs de vin
  • maisons d'édition
  • institutions en lien avec le vin.

8. Au-delà de la traduction, proposes-tu d’autres prestations de service ?  Lesquelles et pourquoi ?

Je propose des formations professionnelles destinées aux traducteurs 

"Connaître le vin et sa terminologie pour traduire les textes vitivinicoles".

J'anime également des ateliers d'écriture créative dans une bibliothèque municipale tout comme des séances de dégustation à thèmes.



9. Te considères-tu comme une traductrice épanouie ? Pourquoi ? Pour être tout à fait honnête, je dois dire que mon degré d'épanouissement fluctue en fonction de l'intérêt de mes commandes de traduction.
Rappelons aussi que la rémunération de ce métier qui exige une double expertise  ( deux langues + une spécialisation) n'est souvent pas à la hauteur. L'aspect irrégulier des commandes et donc le manque de visibilité qui s'ensuit pour le traducteur constitue également une difficulté à un exercice serein de son métier.
10. Selon toi, c’est quoi une bonne traduction ?

 Pour moi, c'est un texte qui 
  • respecte l'esprit du texte source
  • respecte la forme de la langue cible
  • et ne tient pas compte de la forme de la langue source.
Dans tous les cas, le texte traduit doit couler de source et ressembler à un texte original.

Ma conception d'une bonne traduction s'inspire directement du livre de Jean-Yves Le Disez :
On achève bien Auden - De l'intreprétation à la traduction, Les-Hauts-Fonds
 

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