Ma valeur ajoutée en tant que traductrice ?

Christine Laugier

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Avant de devenir traductrice, j'ai exercé le métier de prof des écoles, de la maternelle au CM2 (15 ans de bons et loyaux services au sein de l'Éducation Nationale, oui "m'sieurdame" ! ).
Deux métiers et deux domaines qui n'ont rien à voir, me direz-vous...
Et pourtant, pour la traductrice que je suis devenue, cette prof des écoles se révèle une véritable alliée, solide et fiable.
C
e n'est que très récemment que j'en ai pris conscience : lors de la traduction de mon dernier livre pour les Éditions Prisma "Atelier Montessori - Les émotions", paru en ce début de mois de juin 2020. 


Quand prof et traductrice travaillent main dans la main

Lors de cette traduction, j'ai donc vécu ce moment très agréable où tu réalises que tes différentes expériences professionnelles finissent par s'aligner parfaitement.

Tout d'abord en raison du sujet de l'ouvrage : aider les enfants à comprendre leurs émotions et à exprimer ce qu'ils ressentent. Voilà qui m'a ramené à mon ancien métier de professeur des écoles. Psychologie de la petite enfance, pédagogie différenciée, ateliers pédagogiques, autant de sujets et de bonnes pratiques qui constituaient mon quotidien de prof.

Cet ouvrage m'a donc invitée à un voyage en terre parfaitement connue, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on traduit des ouvrages aux thématiques très diverses.
Le traducteur doit généralement mener un travail de recherche précis sur le sujet traité par le texte qu'il traduit. Et c'est ce qui me plait tout particulièrement dans ce métier : je me cultive, je découvre de nouveaux domaines souvent très éloignés de mes centres d'intérêt. Bref je ne suis jamais installée dans une routine morose, tout comme la prof des écoles que j'ai été. Elle devait en effet s'adapter à ses élèves, à la dynamique de classe (souvent changeante) et être capable de passer de l'apprentissage de la multiplication au règne des Francs sans oublier l'enseignement du passé simple des verbe du troisième groupe.

 

Quand ton passé de prof donne une valeur ajoutée à tes traductions

Au cours de la traduction de cet ouvrage, j'ai pris conscience que mon ancien métier de prof des écoles apportait une véritable valeur ajoutée à mes traductions. Il m'apporte en effet une connaissance très pointue de la langue française et de son maniement à l'écrit. Un véritable atout pour mettre en mots les textes que je traduis !
Et ce, notamment à travers deux compétences souvent jugées très scolaires et donc inutiles : une parfaite maîtrise de l'orthographe mais aussi de la grammaire française.

En ce qui concerne l'orthographe, je dois confesser ici ma passion (coupable  ?) pour les règles parfois étranges de la langue française. J'adore savoir pourquoi il faut écrire deux "p" à "appétit" et un seul à "apéritif". (Pour faire court, cela a à voir avec l'origine latine de ces deux mots.) Du coup, je suis extrêmement attentive, voire tatillonne, en ce qui concerne l'exactitude orthographique de mes traductions. Et pour pallier les éventuelles défaillances de mon cerveau qui n'est qu'humain après tout, j'utilise un outil génial : Antidote. Et, sans me vanter, je dois dire que les éditrices apprécient particulièrement mon orthographe soignée et correcte car cela facilite grandement la tâche du correcteur/trice qui relit mes traductions.

Quand à mon goût pour la grammaire, c'est vrai que je suis une fan de cette drôle de gymnastique qui consiste à analyser un texte, sa construction, ses éléments.
Par exemple, ce livre sur la gestion des émotions des enfants est entièrement construit sur deux grands types d'écrits : des textes informatifs d'une part et des textes prescriptifs d'autre part, tous deux se caractérisant par une architecture et des matériaux spécifiques. Ce qui a impliqué pour moi l'adoption de deux tons et styles très différents lors de la traduction.
Quant à l'analyse grammaticale de la phrase, voilà un exercice qui me met littéralement en transe. J'adore décortiquer ce mécanisme complexe et parfaitement huilé que constitue la phrase. Et cette gymnastique intellectuelle m'est très utile pour transposer dans ma langue maternelle les textes qui me sont confiés. Mes connaissances grammaticales m'aident à analyser le texte original et à trouver la bonne tournure, le bon agencement de mots pour en traduire au mieux le sens .
Cette capacité d'analyse me permet de bien cerner le style de l'auteur original, de répérer sa technique d'écriture, voire ses tics d'écriture. Et tout celà m'aide bien sûr à percevoir toutes les subtilités de son discours écrit et à les adapter correctement en français.

Alors dès que l'on me confie la traduction d'un texte ou d'un livre, mon cerveau se met en branle et je ne peux m'empêcher de disséquer l'objet qui m'est confié pour comprendre comment, au-delà des simples mots, il véhicule du sens.
Car on est bien d'accord, l'acte d'écrire consiste bien à communiquer et donc à produire du sens.

Alors oui, je dis un grand merci à la prof qui est en moi, à sa rigueur, son exigence et sa bienveillance.
J'en profite aussi pour remercier tous les enseignants qui ont formé mon esprit sur les bancs de l'école, du collège, du lycée et de l'université !

Et pour conclure, je vous souhaite de vivre ce moment de parfait alignement des planètes qui vous fait réaliser que professionnellement, vous êtes là où vous devez être et que vous vous y sentez bien.


 
 
 

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