Les beaux-livres et moi, une histoire de traduction

Christine Laugier

beauxlivres, traduction, édition


Depuis plusieurs années, différentes maisons d'édition me confient la traduction de ce que l'on appelle communément des beaux-livres.
Oui, oui des beaux-livres. Vous savez ces ouvrages aux belles lignes que vous placez, l'air de rien, sur la table basse de votre salon par souci d'esthétique mais aussi pour signifier que vous n'êtes pas insensible à la culture.


LE BEAU-LIVRE, LE BEAU GOSSE DE VOTRE BIBLIOTHÈQUE

Et je comprends que vous soyez fier.ère des beaux gosses de votre bibliothèque. Bien charpentés, séduisants et beaux-parleurs, impossible de leur résister !

Faut dire qu'un beau-livre, avec un tiret, c'est souvent un beau livre – sans tiret cette fois. Un livre à la maquette soignée, rehaussée d'une iconographie de grande qualité. Un ouvrage à l'esthétique raffinée et sophistiquée.


Des livres dont les textes se révélent de véritables trésors de savoir et de connaissances. On ne parle pas ici d'érudition bien sûr, mais d'un juste équilibre entre illustrations et contenus exigeants, adaptés au grand public.
Derrière le Beau Gosse, qui se pavane dans votre salon, se cache souvent un auteur spécialiste du domaine traité par l'ouvrage.


TRADUIRE UN BEAU-LIVRE, C'EST SO EXCITING !

Du coup, vous imaginez ma joie à chaque fois que mes éditrices préférées me contactent pour me confier la traduction d'un beau-livre.
Plaisir n°1 : découvir le sujet du bouquin. 
Des sujets aussi variés qu'inattendus allant des pivoines au whisky en passant par les grands noms du rock comme les Rolling Stones ou Jimi Hendrix sans oublier les plus beaux parcs naturels dans le monde.



Plaisir n°2 : ouvrir le PDF de la version originale pour découvrir la physionomie du bouquin.
 
Par exemple, un superbe livre de photographies inédites, écrit par la photographe officielle d'Ed Sheeran, Christie Goodwin.


Plaisir n°3 : parcourir les textes pour évaluer si le geau gosse aura suffisament de conversation pour que nos rapports restent au beau fixe pendant les deux mois de notre relation – c'est généralement le délai qui m'est accordé pour la traduction d'un beau-livre.

TRADUIRE UN BEAU-LIVRE, ÇA CONSISTE EN QUOI ?

Il faut tout d'abord s'informer et se documenter sur le sujet traité par l'ouvrage. Les innombrables ressources en ligne facilitent grandement cette tâche, sans oublier les spécialistes auxquels je m'adresse parfois. Lors de la traduction de l'ouvrage "Les meilleurs whiskies du monde", paru chez Prisma Editions en 2019, je me souviens avoir appelé la Maison du Whisky pour m'éclairer sur un point technique du processus de distillation de cet alcool.

Par une lecture attentive de l'original, je m'imprégne aussi du style et du ton de l'auteur afin de comprendre de quelle façon je vais l'adapter au lecteur francophone, dans le respect de la ligne éditoriale de la maison d'édition qui m'en a commandé la traduction.
La plupart du temps, cela débouche sur une réécriture partielle du texte original, dans sa forme du moins. Je ne modifie évidemment ni le sens, ni les informations de l'original. Je me contente de leur donner une nouvelle forme. 

Je privilégie généralement une écriture informative, claire et précise. J'emploie un vocabulaire technique approprié quand cela est nécessaire, mais jamais un lexique savant. N'oublions pas que ces beaux-livres ciblent ce que les maisons d'édition appellent le grand public. 

Et pour conserver l'attention du lecteur au fil des pages, j'essaie de l'interpeler dès que possible, de l'impliquer en m'adressant directement à lui. C'est une bonne idée, non ? J'essaie de créer une sorte de connivence entre le lecteur et moi, l'auteure de la traduction.
Car les traducteurs et les traductrices sont considérés comme les auteurs.res de l'œuvre traduite. La classe, non ?

Pour découvrir les beaux-livres que j'ai récemment tradui
ts, c'est par là !

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